Accusé de faux et usage de faux : contester le document et l'intention

    Une facture jugée fictive. Une attestation rédigée pour rendre service. Un contrat antidaté pour régulariser une situation. Un bilan présenté à une banque. Le faux et usage de faux est l'une des qualifications les plus fréquentes en droit pénal des affaires, car presque toute fraude passe par un document. Elle est aussi l'une des plus discutables : tout écrit inexact n'est pas un faux pénal. Me Marilou Lepage, avocate pénaliste à Paris, défend les personnes poursuivies pour faux et usage de faux, qu'il s'agisse de dirigeants, de salariés, de professionnels ou de particuliers. Consulter un avocat en faux et usage de faux dès l'enquête permet de discuter la nature du document, sa portée juridique et l'intention de son auteur. Cette pratique s'inscrit dans son activité en droit pénal des affaires.

    Le faux et usage de faux en bref

    L'article 441-1 du Code pénal définit le faux comme toute altération frauduleuse de la vérité, de nature à causer un préjudice, accomplie par quelque moyen que ce soit, dans un écrit ou tout autre support d'expression de la pensée qui a pour objet ou peut avoir pour effet d'établir la preuve d'un droit ou d'un fait ayant des conséquences juridiques.

    Deux infractions distinctes coexistent :

    • le faux, qui consiste à fabriquer ou à altérer le document ;
    • l'usage de faux, qui consiste à l'utiliser, en le produisant à une banque, à l'administration, à un juge ou à un partenaire.

    On peut être poursuivi pour l'une, pour l'autre ou pour les deux. Celui qui utilise un document fabriqué par un tiers peut être condamné pour usage de faux, s'il en connaissait la fausseté.

    Le faux est rarement poursuivi seul. Il accompagne souvent une escroquerie, une fraude fiscale, un abus de biens sociaux ou une fraude aux prestations, dont il constitue l'instrument.

    Ce que l'accusation doit prouver

    Une altération de la vérité

    Le faux peut être matériel, lorsque le document est fabriqué ou modifié (signature imitée, montant gratté, document photoshopé), ou intellectuel, lorsqu'un document authentique en apparence relate des faits inexacts (facture de prestations jamais réalisées, procès-verbal d'assemblée qui ne s'est pas tenue).

    Encore faut-il que l'inexactitude soit établie. Une facture contestée peut correspondre à une prestation réelle mais mal décrite. Un document antidaté peut reprendre fidèlement un accord conclu auparavant. La défense reconstitue la réalité que le document était censé refléter. Dans les dossiers numériques, l'analyse des métadonnées des fichiers permet parfois d'établir que le document n'a pas été modifié, ou qu'il l'a été par quelqu'un d'autre.

    Un document ayant une valeur probatoire

    Tout écrit mensonger n'est pas un faux. Le document doit avoir pour objet ou pour effet d'établir la preuve d'un droit ou d'un fait ayant des conséquences juridiques. Selon une jurisprudence constante, une simple déclaration unilatérale, soumise à vérification par celui qui la reçoit, n'a pas en principe cette valeur probatoire.

    Ce critère est souvent décisif. Un curriculum vitae enjolivé, une déclaration sur l'honneur que l'organisme destinataire doit vérifier ou un courriel d'information ne sont pas nécessairement des faux au sens pénal.

    Un préjudice possible et l'intention frauduleuse

    Le faux doit être de nature à causer un préjudice, matériel ou moral, même seulement éventuel. L'auteur doit avoir eu conscience d'altérer la vérité dans un document susceptible de causer ce préjudice. Pour l'usage, il faut prouver que la personne savait que le document était faux. Celui qui transmet de bonne foi un document établi par un tiers n'est pas coupable d'usage de faux. La défense s'attache alors à montrer ce que la personne pouvait raisonnablement savoir au moment où elle a produit la pièce.

    Les peines encourues pour faux et usage de faux

    Peines principales

    Le faux et l'usage de faux sont chacun punis de trois ans d'emprisonnement et 45 000 € d'amende.

    Le faux commis dans une écriture publique ou authentique, comme un acte notarié ou un document administratif, est puni de dix ans d'emprisonnement et 150 000 € d'amende. Commis par une personne dépositaire de l'autorité publique dans l'exercice de ses fonctions, il devient un crime puni de quinze ans de réclusion criminelle.

    À l'inverse, l'établissement d'une attestation ou d'un certificat faisant état de faits matériellement inexacts relève d'une infraction distincte et moins sévèrement punie (article 441-7 du Code pénal). La qualification retenue par l'accusation mérite donc toujours d'être discutée.

    Peines complémentaires et prescription

    Le tribunal peut prononcer des peines complémentaires, comme l'interdiction d'exercer l'activité professionnelle à l'occasion de laquelle le faux a été commis.

    La prescription est de six ans pour les délits. Le faux et l'usage de faux sont des infractions distinctes, avec leurs propres délais : chaque nouvel usage d'un document faux peut faire courir un nouveau délai pour l'usage, même lorsque la fabrication du document est ancienne. Ce calcul doit être vérifié avec précision, document par document, à partir des dates de création et de production réellement établies par le dossier.

    Nos axes de défense en matière de faux et usage de faux

    Discuter la valeur probatoire du document

    La première question est juridique : le document entre-t-il dans le champ du faux pénal ? Déclaration unilatérale, document soumis à vérification, simple projet, écrit sans portée juridique : de nombreux dossiers s'arrêtent à ce stade.

    Démontrer la réalité de ce que le document décrit

    Une facture correspondant à une prestation effective, même facturée sous un intitulé imprécis, un acte qui formalise après coup un accord bien réel, une erreur matérielle sans intention : la défense rassemble les pièces qui établissent la vérité des faits.

    Contester l'intention et la connaissance

    L'auteur matériel du document n'est pas toujours celui qui en a décidé le contenu. Un salarié qui a établi une pièce sur instruction, un associé qui a signé sans lire, un client qui a transmis un document fourni par son conseil : la question de ce que chacun savait est essentielle.

    Obtenir une requalification ou une peine adaptée

    Lorsque les faits sont en partie établis, la défense peut obtenir une requalification en attestation inexacte, moins sévèrement punie, ou plaider une peine mesurée en tenant compte de l'absence de préjudice réel. Les vices de procédure et la régularité des expertises en écriture sont également vérifiés.

    Le déroulé de la procédure

    De la plainte à l'audition

    Les poursuites partent souvent d'une plainte d'un cocontractant, d'une banque ou d'un organisme social, ou d'un signalement de l'administration. Une expertise en écriture ou une analyse informatique des fichiers peut être ordonnée. Vous êtes ensuite entendu en audition libre ou en garde à vue.

    Du parquet au jugement

    L'affaire est le plus souvent renvoyée devant le tribunal correctionnel. Une comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité peut parfois être négociée, notamment lorsque le préjudice a été réparé. Dans les dossiers complexes, une information judiciaire est ouverte et un juge d'instruction peut ordonner des expertises complémentaires à la demande de la défense.

    Convoqué ou en garde à vue : que faire maintenant ?

    • Conservez l'original et toutes les versions du document en cause, y compris les fichiers numériques.
    • Ne modifiez, ne supprimez et ne « corrigez » aucun document après coup.
    • Rassemblez les éléments qui prouvent la réalité des faits décrits : échanges, livrables, témoins.
    • N'acceptez pas une audition sans avoir préparé vos explications avec votre avocate.
    • Appelez le cabinet pour un premier point.

    Pourquoi confier votre défense au cabinet

    • Une avocate pénaliste qui plaide au quotidien devant les juridictions pénales.
    • Une analyse juridique fine de la notion de faux, qui permet d'écarter les poursuites mal fondées.
    • Une disponibilité réelle en cas de garde à vue.
    • Des honoraires fixés par convention avant toute intervention.
    • Un cabinet parisien, sur l'Île Saint-Louis, qui intervient aussi partout en France, au cabinet, par téléphone ou en visioconférence.

    Questions fréquentes

    Quelle est la peine pour faux et usage de faux ?

    Le faux et l'usage de faux sont chacun punis de trois ans d'emprisonnement et de 45 000 € d'amende. Le faux en écriture publique ou authentique est puni de dix ans et 150 000 €. Une attestation inexacte relève d'une infraction distincte, moins sévèrement punie. Les peines prononcées dépendent beaucoup du préjudice et du contexte.

    Une fausse facture est-elle toujours un faux ?

    Une facture qui décrit des prestations fictives est généralement considérée comme un faux, car elle peut servir de preuve, notamment en comptabilité. Mais une facture qui correspond à une prestation réelle, même mal décrite ou mal datée, ne l'est pas forcément. Tout dépend de ce qui était réellement convenu entre les parties.

    Peut-on être poursuivi pour usage de faux sans avoir fabriqué le document ?

    Oui. L'usage de faux est une infraction autonome. Celui qui produit sciemment un document faux, même fabriqué par un autre, peut être poursuivi. Mais l'accusation doit prouver qu'il connaissait la fausseté du document. La personne qui transmet de bonne foi une pièce qu'on lui a remise n'est pas coupable.

    Une attestation de complaisance est-elle un faux ?

    Établir une attestation faisant état de faits matériellement inexacts constitue en principe une infraction spécifique, prévue par l'article 441-7 du Code pénal, moins sévèrement punie que le faux de droit commun. La qualification retenue a donc un impact direct sur la peine encourue, et elle doit être discutée dès l'enquête.

    Combien de temps après peut-on être poursuivi pour faux ?

    Le délai de prescription est de six ans pour les délits. Le faux et l'usage de faux ont chacun leur propre délai : un document ancien utilisé récemment peut encore donner lieu à des poursuites pour usage. Les dates de fabrication et d'utilisation doivent donc être précisément établies.

    Nos autres domaines d'intervention en droit pénal des affaires

    Le faux est souvent l'instrument d'une autre infraction : escroquerie en bande organisée, fraude fiscale par fausses factures, abus de biens sociaux dissimulé en comptabilité, ou banqueroute par tenue d'une comptabilité fictive. Retrouvez toutes les infractions sur la page droit pénal des affaires.

    Vous êtes accusé de faux et usage de faux ? Parlons-en

    Me Marilou Lepage fait le point avec vous rapidement, en toute confidentialité.

    Le premier échange téléphonique est gratuit (15 minutes maximum).

    Maître Marilou Lepage, avocate pénaliste à Paris

    À propos de l'auteure

    Maître Marilou Lepage

    Avocate pénaliste au barreau de Paris

    Depuis son cabinet parisien, Maître Marilou Lepage défend les personnes mises en cause, de la garde à vue jusqu'aux audiences correctionnelles et d'assises, et en appel. Elle intervient régulièrement dans les médias sur les questions de justice pénale.

    Découvrir le cabinet

    Besoin d'un avocat pénaliste ?

    Convocation, perquisition, garde à vue, audience à préparer : exposez votre situation au cabinet.

    Maître Marilou Lepage, avocate pénaliste à Paris

    Maître Marilou Lepage

    Avocate pénaliste à Paris